Machine transcription
- 15 -
de sa vie, accuseront encore sa position. L'amour placé au premier
plan dons le Kitab-è Sad maydân, n'etait dejà plus que la soixante-et
unième demeure des Mânâzil, lieu de rencontre entre l'anvant-garde
du commun des soufis et les privilegies parmi eux : ici, il est exclus
de la voie de ces derniers. En effet, pour aimer Dieu il faut se po-
ser en face de Lui et donc en quelque sorte s'opposer à Lui. Pour
le parfait, il n'y a plus que l'amour provenant de Dieu qui demeure ;
il se contente de recevoir en lui et d'y consentir, sachant d'ailleurs
que c'est Dieu encore qui, par pure grâce, lui donne de prendre une
telle attitude.
J'ai quelque scrupule a avoir ainsi exposé si brièvement la doc-
rine spiritueelle d'Ansari. Je soulignerai seulement le fait qu'elle re-
pond parfaitement a ce que nous connaissons de sa vie : elle est
l'aboutissement d'une aspiration a être momotheiste et musulman
jusqu'au bout, non seulement avec les lèvres et avec les membres,
avec le plus intime du coeur.
Je n'ai rien dit des Munadjât. Vous les connaissez bien que
moi, et sans doute beaucoup mieux que moi. Avec les reserves
que je vous ai faites concernant l'authenticite de tel ou tel morceau,
je ne puis faire mieux en terminant cette conference, que de vous
inviter à les relire. Non pas seulement pour les admirer, mais
pour en approfondir le sens à la lumière de ce que j'ai essaye
de vous suggerer ce soir, et vous premettre ainsi d'entrer davantage
dans l'intmite du Maître. Bien plus, si vous voulez être fidèle à
son desir le plus cher, oubliez-le lui-même, et que ses invocations
soient les vôtres. C'est Dieu-même que, dans un Islam vecu jusqu'au
bout de ses exigences, elles vous feront rencontrer.
C'es là-dessus que je terminerai cette confernce. Dans quelques
jours, je visiterai la tombe de Khwâdja Abdullah Ansari. J'y mediterai
et j'y prierai, et dans ma prière je ferai memoire de vous qui
m'avez si aimablement ecouté ce soir. Avant de vous quitter,
je dois vous dire que mon sjeour dans votre pays a marque profon-
dement ma vie. Mon souhait le plus ardent est de pouvoir vous retrouver
Roughly two thirds of characters agree with a modern printed edition of the same text. Much of the disagreement is editorial, not misreading. Treat the transcription as a finding aid and read the page image before quoting. How this was measured.
